B2Bill, a modern tribute to Bill Evans

13.99

Emmanuel Bex, Nico Morelli & Mike Ladd

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Description

Sortie le 24 Septembre 2013

Présentation et liner notes de l’album B2BILL par Ben Sidran.

Il est difficile de présenter cet ensemble de moments musicaux dédié au pianiste Bill Evans : à maints égards cette musique est unique, incomparable. Elle trouve son origine dans les univers du jazz, du rap, de Ravel et des impressionnistes, de l’histoire, de la poésie, d’instants clairs comme de l’eau de roche. Cette musique – c’est ce qui lui est propre – balance et sanglote, pénétrant ces univers personnels qui, pendant des siècles, ont été ceux des Italiens et auxquels les Américains, qui ont inventé l’orgue Hammond B3 pour glorifier le Seigneur, ont donné une expression moderne : la condition humaine vue depuis le fond de nous-mêmes plutôt que octroyée du haut du ciel. Les trois hommes au cœur de ce projet – l’américain Mike Ladd, le français Emmanuel Bex, et l’italien Nino Morelli – ont créé quelque chose de tout à fait nouveau en partant de leurs traditions respectives.

Mike Ladd, né à Boston, a fréquenté plus d’une école dans le vent, collaboré avec des artistes de jazz, remixé des disques de pop, publié dans des magazines littéraires et s’est imposé en tant que nouvelle voix populaire avec des artistes aussi différents que Vijay Iyer et DJ Spooky. Emmanuel Bex, pianiste classique doué, a remporté prix et récompenses alors qu’il était un jeune homme et, découvrant le jazz, entreprit des tournées avec de remarquables instrumentistes tels que, Barney Willen, Aldo Romano ; en découvrant l’Orgue de Hammond, il a pris sa place dans une longue lignée de pianistes qui ont trouvé leur sonorité dans les retraits et les pauses de cet instrument mythique. Nino Morelli a étudié le piano à Rome, Boston, New-York et Paris, travaillé avec des membres de l’avant-garde du jazz, y compris Paul Bley et Steve Lacy, aussi bien qu’aux côtés des fantassins du bebop italiens comme Flavio Baltro, Enrico Rava et Roberto Gatto ; sa sonorité est profonde.

Ensemble, ils sont pareils à un parfait orage, réunissant le passé et l’avenir, le tout avec dans rythme tourbillonnant très actuel. Bill Evans, lui aussi, a incarné un pont entre deux mondes, entre Miles Davis et des compositeurs classiques, tels Satie et Debussy. Certes Miles Davis était familier des romantiques, du sérialisme, des impressionnistes. Mais Bill Evans a tout importé, donné corps à tout, incarné ces concepts dans un langage bebop incontestable. C’est sans doute pour cela que l’album de jazz qui, de tous les temps, s’est le mieux vendu, Kind of Blue de Davis, a atteint et conservé ce record. Bill Evans était un romantique – il aimait les chocs harmoniques, ces petits « sons torturés » que le bebop injectait dans l’espace moderne – mais dans son for intérieur, il était la sentinelle rythmique de la tradition. Il faut l’être pour jouer cette musique. C’est le mystère du point de rencontre de la tradition et de l’avant-garde, de la rue et du clocher, du ciel et du sol. C’est l’espace qui est magnifiquement saisi dans cet enregistrement.

(Ben Sidran – Décembre 2012)